À propos d’un aveuglement collectif

///À propos d’un aveuglement collectif
Je crois qu’on est presque tous-tes allé-es à l’école et qu’on se souvient d’y avoir entendu parler d’exemples historiques peu reluisants, de psychologie des foules, de régimes autoritaires, de mémoires douloureuses (et si ce n’est pas le cas, nous en avons forcément discuté dans un autre cadre). A l’époque, c’était passionnant d’écouter le déroulé des cours d’histoire, un peu comme un roman en plusieurs tomes peuplés de mystères, de gentils et de méchants. C’était aussi absolument évident de s’identifier, a posteriori, aux gentils : personne ou presque n’aimait les nazis ou les colonisateurs, on était tous résistants ou anti-impérialistes.

 

Dans toutes les écoles, absolument toutes, il y avait aussi ce mec hyper populaire que tout le monde détestait mais à qui personne n’osait rien dire, on savait pas pourquoi, peut-être parce qu’il donnait parfois des bonbons ou parce qu’il nous avait valorisé devant toute la classe le jour où on avait raconté une bonne blague. Bref, ce mec, quelques années plus tard, avait réussi à se griller auprès de tous ses contacts à force de vouloir tenir droite son image, à force d’essayer de plaire à tout le monde il en était devenu manipulateur et malsain, c’était alors de notoriété publique que plus personne ne lui parlait et qu’il avait changé de groupe après avoir fait trop souffrir sur son passage.

 

Eh bien ce mec-là, il est actuellement au pouvoir en France.

 

Combien sommes-nous à comprendre ce qu’il se passe sous nos yeux? Trop peu. Combien sommes-nous à répéter depuis des mois – bientôt deux ans – qu’une situation de crise change une société, que la peur n’est pas un bon indicateur pour prendre une décision, que des phénomènes tristement célèbres dans l’histoire se reproduisent dans les moments de panique, qu’un homme peut tromper tout le monde en même temps à partir du moment où il ne recule devant aucun stratagème, même ceux que l’on n’aurait pu s’imaginer?

 

Il va falloir ouvrir les yeux: nous y sommes, dans ce moment historique-là. Ce n’est pas agréable d’en prendre conscience, c’est dur d’admettre qu’on s’est trompé, qu’on a laissé passer beaucoup de choses, qu’on a été insensible, mais nous sommes au pied du mur. Désormais, il nous faut avancer avec toute notre conscience. Un chef d’État a appelé à emmerder – littéralement couvrir de merde – une partie de la population. Il a menacé 7 à 10% de la population française d’ostracisme, de les déchoir de leur citoyenneté. Ce chef d’État est couvert par une grande partie de la presse qui ne se cache même plus pour livrer une lecture profondément idéologique du réel. Il dispose de tous les leviers étatiques pour faire sa propagande et se faire réélire s’il le veut. Il dispose d’une armée de clones et de trolls haineux qui portent sa parole IRL et sur Internet.

 

Ce chef d’État n’avait pas de programme, mais il est certainement le Président le plus idéologue que l’on ait jamais eu. Non seulement il tente actuellement de se faire réélire, mais il tente aussi de passer entre les gouttes de ses responsabilités durant la pandémie : des hésitations causant des milliers de morts, des mensonges en pagaille semant la zizanie, 500 lits d’hôpitaux supprimés en deux ans, des soignant-es poussé-es au burn-out ou à la démission… Je crois que beaucoup d’entre nous commençons à s’en rendre compte. La facture est lourde et elle se paiera. Or, rien n’est plus dangereux qu’un animal blessé.

 

Ce n’est pas tout : c’est au moins la seconde fois que cela arrive durant ce quinquennat. La première fois, c’était la loi “séparatisme”, avec dans son sillage la stigmatisation de nos frères et soeurs musulman-es après l’horrible assassinat de Samuel Paty. Un autre choc, et une autre manière de ne pas parler de la gestion sanitaire néo-libérale d’Emmanuel Macron et de ses ministres Blanquer, Buzyn ou Darmanin. Oui, les gouvernants utilisent les chocs pour mieux nous gouverner, ce n’est pas un secret pour qui a déjà étudié l’histoire. A l’époque, personne n’a rien fait, personne n’a rien dit, forcément, c’étaient des musulmans, on n’était pas concernés, du moins pas ceux qui ne connaissent pas de musulmans, pas vrai? La moindre des choses est alors de s’en souvenir et de ne pas reproduire la même erreur deux fois.

 

Nous aurions aimé que le sens de l’histoire théorisé par le vieux Marx soit respecté, nous aurions aimé que la vie soit un long fleuve tranquille, nous aurions aimé ne pas nous rendre à cette évidence, mais nous n’avons plus le choix. Il y a un péril imminent à laisser Emmanuel Macron remporter l’élection une seconde fois.

 

La dictature peut arriver de bien des manière, elle n’est pas estampillée “extrême droite” à tous les coups. Elle peut venir de droite, de gauche ou du centre. Ces temps-ci, ça sent très mauvais à l’extrême-centre. Celui-là nous a déjà assez démontré de quoi il était capable, ne le laissons pas aller plus loin. Ne nous laissons pas entraîner dans l’abjection, ne devenons pas des bourreaux avec lui.

 

Si nous nous laissons faire, ils nous ferons faire le grand plongeon. Ils créeront avec nous un régime autoritaire d’un genre nouveau. Parce que fumeurs-euses, gros-ses ou drogué-es, nous devrons payer nos soins et nous ne serons plus les bienvenus à l’hôpital. Parce que bêtes ou pas assez instruits, nous perdrons le droit de vote. Tous flics, tous surveillé-es. On peut décliner cela à l’infini : c’est la logique qu’ils essayent de nous inculquer.

 

Il est temps de leur dire qu’ils trouveront toujours des personnes face à eux pour leur barrer la route.

 

Si l’on s’organise correctement et qu’on y met de la conviction, cela pourrait commencer ainsi, dès cette semaine : en finir avec le dogme du tout vaccin, faire admettre au gouvernement qu’il s’est trompé et que 5 à 10% de la population ne bougeront plus. Protéger les plus faibles, les immuno-déprimés, réclamer des lits, des personnels, une vraie politique sanitaire, pas des jeux de pouvoir pervers, pas des tentatives de se concilier le MEDEF, les contraindre à prendre la voie d’une remise au centre de l’humain, les contraindre à diffuser l’idée que les brevets des vaccins doivent sauter, parce que vacciner 100% des gens d’un seul pays dans le cadre qui est le nôtre, ça ne sert à rien. Le pass sanitaire/vaccinal, lui, n’est qu’une mesure de police voué à punir ceux et celles qui ont été désigné-es à la vindicte populaire comme “mauvais citoyens”.

 

En finir avec la langue de bois et l’autocensure, putain de langue de bois qu’on nous impose depuis deux ans et qui nous empêche de dire les choses tout en nous faisant avaler toutes les conneries niaiseuses et inquiétantes qu’on nous sert.

 

Il est temps de se souvenir que les deux principaux responsables de la diffusion de la pandémie sont le virus lui-même (qu’on ne peut pas incriminer) et le gouvernement qui, sous couvert d’une stratégie totalement foireuse qui n’est plus défendue mordicus que par des darwinistes sociaux et des médecins prêts à chiffonner leur serment d’Hippocrate, se dédouane en accusant une partie de la population d’être des criminels.

 

Continuer deux ans après l’irruption du Covid à soutenir ces gens, premiers responsables de notre situation, et qui n’hésiteraient pas à détruire notre cadre républicain et démocratique au nom de leur idéologie et de leur soif de pouvoir, c’est désormais de l’aveuglement ou de la collaboration active.
2022-01-05T19:09:36+01:00

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