Convenable, confortable, raisonnable, passable

///Convenable, confortable, raisonnable, passable

J’ai passé toute ma vie à terminer altruiste

Le respect des autres n’était pas dans ma nature

J’ai passé trop de temps la nuit à faire le mur

Évitant savamment mes velléités d’artiste

 

D’une direction à l’autre le vent tourne trop vite

Obscurité concrète ou abstraction limpide

Dans la folie des hommes, de l’espoir je me vide

Grattant des pléonasmes qui trop souvent m’irritent

 

Attablé dans la rue, je grignote un en-cas

Avec des commensaux qui filent à tour de bras

Pressés ils n’ont pas le temps de s’arrêter dîner

Préférant déglutir un café demi-froid

 

Ils portent les stigmates de la ville et du bruit

Marchand dans une prison de béton sans barreau

Leurs pas dictés par un destin de wannabe

Certainement choisi, mais choisi par défaut

 

La peur s’empare de moi : vais-je leur ressembler ?

Vais-je arriver à l’âge où l’enfant disparaît ?

Vais-je oublier mes rêves et me tenir au pas

Ou finir moi aussi par m’occuper d’mon cas ?

 

Je perds la faculté à me prendre au sérieux

Plus j’avance moins je crois à l’existence d’un dieu

Comment pourrais-je croire alors tous ces braves gens

Qui vantent les mérites du néo-management ?

 

Je gagne en légèreté mais le souci me guette

Toutes ces nuits sans rêve à rechercher les prés

Disperser ses ennuis dans la fuite, la fête

N’aide pas à gagner en crédibilité

 

Désormais je peux me conduire convenablement

Me distraire ou me vêtir confortablement

Voter ou me révolter raisonnablement

Revoir mes convictions au moins passablement

 

Un stage de yoga, un expert à toutes heures

Au travail c’est gentil on pense à nos malheurs

Le business du social à l’instar de la bourse

Se porte bien mieux que la vue sur la grande ourse

 

En sortant du boulot je rentre à la maison

La certitude au ventre avec un souffle au coeur

Incertain de poursuivre la bonne direction

Je lustre à qui mieux-mieux un tout petit bonheur.

2019-07-05T14:34:56+02:00

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