David Snug : “Le metal, c’est trop bourrin pour moi, je comprends rien à ce qui se passe”

///David Snug : “Le metal, c’est trop bourrin pour moi, je comprends rien à ce qui se passe”

Musicien et illustrateur fan de musique, Guillaume Cardin est plus connu sous le nom de David Snug. Originaire de Caen, il vit à Paris depuis plusieurs années et partage sa vie entre ses concerts, la publication de ses albums dans plusieurs maisons d’éditions indépendantes (Même Pas Mal, Nada…) et celle de nombreux dessins sur les réseaux sociaux et sur son blog. Dans son dernier livre Dépôt de bilan de compétences publié chez Nada, il mélange une nouvelle fois son vécu à son humour noir pour nous faire rire et réfléchir. Bienvenue dans le monde délicieusement régressif d’un OVNI de la bédé.

 

Tu publies des BD depuis bientôt quinze ans, sur Internet et dans diverses maisons d’édition. Au départ, qu’est-ce qui t’as donné envie de te lancer dans cet univers-là ?

Je dessine depuis toujours. J’ai fait un DEUG d’arts plastiques qui m’a pas servi à grand-chose, et en fait, j’aimais pas du tout la bande dessinée avant de tomber sur la maison d’édition L’Association. C’était au début des années 90, ça m’a donné envie de faire du fanzinat et d’autres trucs. J’ai commencé comme ça, pour m’amuser. J’ai suivi la nouvelle vague de la bédé, en noir et blanc, avec des formats pétés et tout. C’était la fin de la bédé de type Astérix, avec des sujets plus utopistes, plus personnels, plus introspectifs.

Quand je suis arrivé à Paris, j’avais un taf à Marly-Le-Roi : je faisais une heure de train le matin et une heure le soir, et puis comme c’était un train de banlieue ça bouge pas trop, donc je pouvais dessiner dans le RER matin et soir. En gros, c’est comme ça que mon premier bouquin a été publié : un peu par hasard. C’était une occupation, fallait que je m’occupe.

Quand j’avais ton âge, je croyais que si on ne travaillait pas, on pouvait mourir” : le travail est un sujet récurrent dans tes bandes dessinées (Ça c’est mon Jean-Pion abordait déjà cette problématique, par exemple). Pourquoi en faire un sujet aussi central ?

Parce que c’est un truc qui m’intéresse, tout simplement. Y’a longtemps, j’ai lu un livre de Bob Black qui s’appelle Travailler ? Moi, jamais !, ça m’avait vachement marqué. En gros, ça dit que si tu viens d’une classe sociale populaire, disons ouvrière, t’auras pas le choix que d’avoir que des jobs de merde toute ta vie, donc autant ne pas travailler. Ça m’avait beaucoup parlé, à une époque où je ne savais pas quoi faire de ma vie et que je refusais les boulots de merde. J’ai été animateur multimédia, par exemple (expérience décrite dans l’album Dépôt de bilan de compétence) : que des contrats aidés sur contrats aidés. C’était de pire en pire, je venais de moins en moins. Je préfère vivre au RSA, ça ne change pas grand-chose au final, sachant que j’étais payé pour expliquer comment se servir de Google, pas beaucoup plus.

Effectivement, ne pas travailler ne fait pas mourir. Soit tu parviens à être fonctionnaire, soit tu n’y arrives pas, et c’est une succession de boulots de merde : au final, tu finis par te dire “est-ce que ce serait pas plus intelligent de vivre sans bagnole, dans un appart’ pas énorme, et faire ce que t’as envie de faire ? “. Je ne vis pas plus mal actuellement que quand j’étais au SMIC, et j’ai pas de frais. Forcément, tout cela ressort pas mal dans mes bédés.

Dans ta dernière BD Dépôt de bilan de compétences, tu livres une vision plutôt sombre du monde du travail… Pour autant, te définirais-tu comme un auteur engagé ?

Oui, bien sûr. Après, qu’est-ce que ça veut dire engagé ? Je pense que tous les auteurs, quelque part, sont engagés. Quand tu fais une BD, tu racontes une histoire qui va dans une certaine direction. Pour moi, Jean-Yves Ferry qui reprend Astérix, on sait pas trop dans quoi il est engagé, mais le mec est engagé. “Je vais prendre du pognon en faisant un nouvel album d’Astérix alors qu’il y en a pas besoin“, c’est une posture engagée.

Selon toi, le rire est-il le début de la réflexion ?

Tout à fait. Je sais pas faire autrement de toute façon. Je sais pas si tu connais mon groupe Trotski Nautique ou mes autres projets musicaux, mais y’a juste à écouter, et ça se voit ! Je sais pas faire les choses sérieusement, donc je ne me pose pas vraiment la question.

Il faut beaucoup de sérieux pour parvenir à chanter les chansons de Trotski Nautique sur scène sans rigoler, cela dit…

Je suis incapable de faire un concert de musique sérieuse : les gens qui viennent me voir ne sont pas des gens qui viennent apprécier en connaisseurs. L’avantage, quand tu fais un truc un peu marrant, c’est que tu as un retour direct.

L’album, publié aux éditions Nada, comporte un petit dossier et une bibliographie très fournie sur la critique du travail réalisé par le sociologue Julien Bordier. Les références vont de Paul Lafargue à Simone Weil, en passant par David Graeber. Parmi ces auteurs, lesquels t’ont aidé à construire ton imaginaire, et pourquoi ?

Je t’avoue que ce n’est pas moi qui est fait cette biblio, donc j’ai un eu de mal à me rappeler ce qu’il y a dedans… Comme je disais tout à l’heure, celui qui m’a le plus influencé, c’est Bob Black. Après, Marx, comme tout le monde. Mais globalement, je suis plutôt influencé par les anarchistes individualistes, Élisée Reclus, E. Armand… Stirner aussi, mais c’est plus compliqué à lire.

En essais, en BD on en romans, quelles sont les lectures les plus importantes de ta vie ?

Ça va peut être faire un peu provoc’ en ce moment, mais j’avais lu Voyage au bout de la nuit de Céline quand j’avais quatorze ans, ça m’avait mis une énorme claque, j’avais pas compris pourquoi. C’est punk, en fait. L’autre jour, j’entendais un mec en parler à la radio, et il disait que c’était un livre quasiment sans adjectifs : je pense que c’est ce qui fait sa force. C’est hyper brut, ça donne des descriptions très originales. Mais bon, j’ai bien conscience avec les débats du moment sur “il faut séparer l’artiste de l’oeuvre”, ça la fout mal.

En essai, je dirai que c’est L’initiation anarchiste individualiste de E. Armand : je m’étais fait chier à le lire, mais à la fin, j’étais bien content.

En bandes dessinées, c’est vraiment Robert Crumb et Joe Matt. Joe Matt, c’est mon idole : c’est lui qui m’a donné envie de faire de la bédé plus sérieusement, mais je serai bien incapable de faire ce qu’il fait. Il va tellement loin dans l’autobio…

Tu affirmes souvent détester le travail. Pour autant, tu es plutôt productif, non ?

Ouais, mais ça n’a rien à voir ! Travailler pour avoir un salaire à la fin du mois, bosser pour l’argent, c’est pas du tout la même démarche que de faire ce qui te plaît et d’en faire quelque chose. On peut très bien être contre le travail et avoir plein d’activités différentes.

Après, dire « je suis contre le travail », c’est un peu générique : je suis pas contre les médecins, je suis pas contre les profs. C’est surtout une question de classe sociale : tu viens d’une classe sociale défavorisée, au summum, tu deviens prof. Médecin, avocat ou autre, tu oublies, c’est pas pour toi. Et le reste, ce sont tous les boulots de merde, où tu passes ton temps à te demander ce que tu es en train de faire. C’est une vision des choses qui ressort bien dans Dépôt de bilan de compétence, je pense, notamment quand je parle du boulot d’animateur multimédia. Tu peux avoir l’impression de faire du social au début, et tu te retrouves à apprendre aux gens à se servir de Google, donc indirectement à bosser pour cette grosse boîte qui monopolise tout Internet.

Emmanuel Macron était en visite au festival d’Angoulême fin janvier pour un certain nombre d’annonces concernant le monde de la BD et des auteurs-trices. Quelques auteurs dont le dessinateur Jul ont voulu gêner le Président de la République en lui offrant un t-shirt “LBD 2020”. Une photo a été postée sur Internet et a fait scandale. Quel est ton avis sur cette cérémonie annuelle et, plus particulièrement sur cette opération ?

Je suis tous les ans à Angoulême, vu que je suis invité par mes éditeurs, ça fait un petit week-end gratos, c’est sympa. Le festival est une grosse machine : on peut pas être d’accord avec tout ce qui s’y déroule, c’est un peu comme le festival de Cannes pour la bande dessinée, encore que la BD est finalement un tout petit milieu. C’est plus artisanal que le cinéma. Par contre, je connais évidemment des auteurs qui ne veulent plus y aller, moi pour le moment, ça va encore. Le prix d’entrée est exorbitant : vingt balles pour acheter des livres et voir des expos, c’est un peu abusé.

En ce qui concerne Macron, ce que je vais dire va peut-être faire un peu complotiste, mais je pense que pour lui la situation n’était pas si mal. Au départ, je me suis dit “putain, comment il s’est fait avoir comme un blaireau”, et ensuite je me suis rappelé que Jul avait fait quelques voyages officiels en compagnie de Macron. C’est quelqu’un qui est connu pour être un laquais traditionnel des gouvernements. Je trouve ça complètement dingue qu’il ait cru déstabiliser le président avec son t-shirt, sa photo, alors que le président est constamment entouré de 15 chargés de com’ qui lui arrangent la situation. Alors que Macron est accusé depuis son élection de faire preuve d’autoritarisme, il a eu beau jeu de rebondir sur le sujet des violences policières qu’on lui tendait. Il a pu prendre la vague et se faire passer pour un chantre de la liberté d’expression. Du coup, je ne sais pas si c’était voulu de la part de Jul, mais on peut légitimement se demander si ce n’est pas un auteur En Marche.

Tu es connu pour être auteur-interprète dans plusieurs formations musicales, avec notamment le groupe de lo-fi punk Trotski Nautique. Mais tes premiers faits d’armes musicaux (si je ne me trompe pas) remontent au début des années 2000, avec le groupe de techno-rap Dr Snuggle & MC Jaqueline, groupe resté culte dans un vaste périmètre situé environ entre Coutances et Lisieux, en Normandie. Quel sont tes meilleurs souvenirs musicaux en tant que musicien ?

Avant Docteur Snuggle et MC Jaqueline, j’ai eu deux ou trois groupes. J’en ai eu d’autres après. Le principe a toujours été le même : on fait des disques et on les vend à un euro, on fait des dates où on les vend à l’arrache. Alors un grand souvenir là-dedans… Peut-être la reformation de Docteur Snuggle et MC Jaqueline : ce fut notre premier et seul concert. On nous avait demandé quarante minutes, mais comme on n’avait prévu que vingt, on a joué le même deux fois. Ainsi, on a fait le premier concert et on a enchaîné direct par le dernier ! Ça m’a bien fait marrer, parce que c’était un après-midi à Paris, du coup y’a plein de gens qui étaient dégoûtés. On a eu cinquante mille propositions pour venir jouer en Normandie, et c’était toujours non !

Sinon, j’ai fait le Hellfest avec Jessica 93, mais c’était de la blague, je faisais rien à part lancer la boîte à rythme et taper sur une cymbale. Par contre, c’est vrai qu’on a fait une tournée de vingt-six dates en Europe et qu’on s’est bien marré. J’étais venu totalement par hasard dans l’histoire, j’étais là à une répète, et puis j’ai fini par taper sur une cymbale.

Et en tant que fan de musique ?

Je suis fan de Jeffrey Lewis, j’avais kiffé en concert. J’ai vu Daniel Johnson à la Maroquinerie, c’était cool. J’ai pas d’anecdote extraordinaires…En tant que spectateur, c’est ça ? Je me rappelle quand je suis allé voir My Bloody Valentine, y’avait une femme enceinte à côté de moi, et c’était tellement surpuissant que je me suis demandé s’il allait pas lui arriver quelque chose. En tout cas, c’est le seul concert où j’ai été obligé de mettre des bouchons d’oreille, j’en mets jamais mais là, y’avait vraiment pas le choix.

Tu as aussi réalisé plusieurs livres ou albums ayant la musique pour thème central (comme La vie est trop Kurt, 2016). Tu n’es pas tendre avec nombre d’artistes, on sent dans ton humour une forme d’animosité mêlée à beaucoup de nostalgie . Quelles critiques voudrais-tu administrer à tes idoles passées ou présentes ?

Y’a quelques temps, j’avais vu Mac Demarco à la Route du Rock. Avant ça, j’ai vu un paquet de groupes hyper carrés, hyper pros, genre on est là pour faire un spectacle, avec les lumières, les machins, et puis Demarco est arrivé. Ça faisait vraiment du bien au milieu de tout le reste, plus authentique. Le mec pète une corde, il s’assoit par terre pour la réparer pendant que ses musiciens font une reprise de Coldpay improvisée. Maintenant, la plupart des musiciens font des courbettes puis les techniciens rangent le matos. Eux, ils restent sur scène après le concert pour plier les câbles. Mac Demarco, ça m’a fait penser à Pavement, les groupes des années 90 vraiment branleurs qui disent pas au revoir quand ils sortent de scène.

C’est un esprit qui se perd. Maintenant, on apprend aux petits groupes à savoir faire une résidence, à gérer leurs lumières, on leur explique quasiment à quel moment dire merci. Il est peu de dire que ça manque de spontanéité. C’était un peu le propos de La vie est trop Kurt. Je parle aussi des SMAC qui font des suivis de groupes, qui leur apprennent à entrer dans le moule.

À cette époque, tu étais aussi très virulent contre Lemmy Kilmister de Motörhead…

Ouais, ça faisait partie des mêmes trucs qui m’énervaient à l’époque, tout ce marketing de la rébellion. Le mec, il a soixante-dix ans – bon, maintenant il est mort, mais à l’époque -, pas un de ses poils étaient blancs, il était teint de partout, avec toutes les bagouzes, tout était calculé au milimètre. Il y avait vraiment un côté grotesque, ridicule dans ce genre de posture.

Les groupes que je vais voir, en général, ils en ont rien à foutre, ils parlent avec le public, ça détend un peu l’atmosphère. Il y a peu, j’ai vu Sebadoh au Petit Bain, c’était comme ça, à la cool. C’est des mecs qui défoncent tout. Lou Barlow, le bassiste, fait parfois des concerts dans des parcs américains devant un parterre de petits vieux dans des chaises pliantes qui ne le connaissent pas. Tu peux être bassiste dans des groupes comme Sebadoh et Dinosaur Jr et être peinard quand même, car tu échappes à la starification.

À un moment donné, je sais pas si tu te souviens, il y avait tous les groupes de Caen qui faisaient des résidences, etc. J’avais vu un truc aux infos de France 3 où on leur apprenait à faire de la sophrologie. Ils expliquaient comment ces jeunes groupes s’inséraient dans le monde du spectacle, et là tu voyais un groupe, ils avaient du faire un concert dans leur vie, ils étaient dans un studio avec du matos que je ne pourrais jamais m’offrir.

Un peu plus tard, j’avais fait l’album Je n’ai pas de projet professionnel que tu as peut-être lu. Il est épuisé : je pense que les gens l’ont acheté à cause du titre, mais il était vraiment aussi sur la musique. Dans tous ces projets de groupes à l’époque, ce qui m’avait marqué, c’était la sémantique utilisée, on parlait à coups de “projet professionnel”, “professionnalisation”, alors que tu peux aussi faire de la musique parce que tu aimes la musique. Tout ça est très lié aux politiques de subvention, aux SMAC. Quand tu mets un pied là-dedans, tu as un cahier des charges, des objectifs, c’est une industrie. C’est une politique mise en place pour plaire aux élus : “Regarde, on a aidé des gens à se professionnaliser dans ce qu’ils ont envie de faire”. Dans certains autres pays, il n’y a pas tout ça, et les musiciens font de la musique sans vouloir en faire un boulot. En France, on a un tas de groupes qu’on a étouffé avec tout ça, on ne peut même pas vraiment leur en vouloir, j’aurais peut-être fait la même chose à leur âge. Si j’ai vingt ans et que je vis à Caen aujourd’hui, je vais forcément aller voir ce qui se passe à la salle de musiques actuelles. Mais bon, quand j’avais vingt ans, le Cargo (salle de musiques actuelles de Caen), ça n’existait pas, donc on se démerdait autrement.

Tu dois préférer les petites salles comme l’Espace B, du coup ?

Ben justement, j’y ai vu Jeffrey Lewis, que je respecte beaucoup car il organise ses tournées tout seul, dans des petites salles. Et du coup, le mec se retrouve à jouer à l’Espace B alors qu’il est signé chez Rough Trade.

Quel est le pire concert de ta vie ?

La plupart des concerts que j’ai vu au Hellfest. C’était pas une déception, je m’y attendais. Même si j’ai trouvé que le Hellfest n’était pas tant une machine à cash que ça : contrairement à Rock En Seine, par exemple, je n’ai pas eu l’impression d’être un portefeuille sur pattes. Musicalement, c’est très chiant, je n’ai vu que des truc ultra-carrés, ultra-produits…Mais ça doit être le principe du metal. Bon, j’ai quand même vu un ou deux groupes de punk ou de hardcore qui m’ont fait plaisir comme… Ah, je ne me souviens plus du nom ! Mais en tout cas, ça jouait sur la Warzone. Le metal, c’est trop bourrin pour moi, je comprends rien à ce qui se passe.

J’ai aussi vu Iron Maiden, et je me suis dit : c’est quoi cette blague ? Mais j’imagine que c’est très lié à ce qu’on écoute pendant notre adolescence. Moi, à douze ans, j’étais plutôt sur du rock indépendant des années 90, là j’ai eu des combats d’épée avec des géants en mousse. Il y a pas longtemps, je revoyais le concert de Nirvana à Reading, cent mille personnes, mais t’as l’impression qu’ils jouent dans un bar. Ils se permettaient de finir leur set n’importe comment, ce qui dénotait dans l’ambiance de Reading, qui était une sorte de Disneyland de la musique.

Pour finir, David Snug et Guillaume Cardin, est-ce bien la même personne ?

Absolument ! Le pseudonyme vient de Dr Snuggle et MC Jaqueline comme tu l’auras compris. Au départ, c’était Dr Snuggle, puis on est passé à Snuggle et ça a fini en Snug. Après, il a fallu que je me trouve un nom de dessinateur, et Snug tout seul ça faisait trop BD belge, Peyo, Roba ou ce genre de truc, ça me faisait chier… Au départ j’ai voulu m’appeler Billy Snug, et finalement c’était pourri, donc j’ai pris David quand on m’a dit que snug voulait dire “douillet” en anglais.Voilà pour la petite histoire… En tout cas, les gens ne savent pas qui est Guillaume Cardin !

2020-03-16T12:54:39+02:00

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