En souvenir du Vieil océan

///En souvenir du Vieil océan

Une joie monte dans mon coeur et s’éteint

Comme le train quittant la gare

Comme le Vieil océan recouvrant nos boudoirs

Je vis sur mon balcon

Sans vis-à-vis

L’autre est à mont

Montevideo

Il nage au sein du Vieil océan

Poissonneux, nourrissant

Maculé du sel des mines souterraines

Entourant quelques bandes de terre

Il les lèchent et elles s’amenuisent

La planète bleue

Ne serait rien sans ce Vieil océan

Démiurge créateur

Seigneur des vaisseaux perdus

Il a emporté avec lui bien des trésors

Bien des peines

Sous-traitant du Bon Dieu

Et nous sommes bien petits

Face à ce vieil ami

Face à ce grand célibataire

Dont l’autre parle dans ses vers

Tandis que je vide mon verre

 

Il est à Montevideo

Je ne suis qu’en banlieue parisienne

Pas tout à fait la tropézienne

Ni la jungle d’ailleurs

Et puisque je ne fais rien

Je le rejoindrais bien

On prendrait un bateau

Nous glisserions sur le Vieil océan

Avec ses lèvres bleues

Jusqu’en Jamaïque

Extatique

J’ai peur que ce ne soit pas possible

Avant un long moment

À moins que le démiurge en décide autrement

À moins qu’il me confie une mission

Expert en rien, partant pour tout

Je veux bien une mission

Envoyez-moi où vous voulez

Surtout si vous n’avez pas besoin de moi

Montevideo, pourquoi pas

Mais je préférerais Montego Bay

L’Éthiopie, la Namibie

Ou l’île yéménite

Je navigue à vue dans mes fantasmes

Peut-être que tout cela doit demeurer fantôme

Atone

 

Le mystère Lautréamont

Isidore Ducasse

Un poète maudit

Nous a laissé en témoignage de son passage sur la planète bleue

Des rimes formidables

Un peu de prose

Qui noircit l’âme

Pas sûr qu’elle en guérisse

Mais elle révélera

Sa substantifique moelle

Son écorce enténébrée

Les jours d’automne quand vient la nuit

Avec l’aide des Grands Anciens

Jamais apparus

Et du Vieil océan

Jamais disparu.

2020-04-13T16:44:15+02:00

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