Répétition d’un songe

///Répétition d’un songe

Frisson venu de loin

Comme un soupir céleste

Quelques manières agrestes

Et l’odeur du foin

Me manquent à tout jamais

La nuit je rêve de trains

De valises oubliées

De RER éteints

Mis en marche forcée

Je me perds dans la ville

Trop loin de la campagne

Dans d’obscurs souterrains

Profonds comme des armoires

Et j’oublie peu à peu

L’aspect physique des choses

 

En un combat douteux

Je tente de me rappeler

Les forêts du Larzac

Les ruines abandonnées

Les couloirs du métro

Mélangés dans un songe

D’une nuit allongée

Alité que je suis

En cette période statique

Propice aux statistiques

Qui manquent de vision

A court ou moyen terme

 

Je vogue sur un radeau

Dévoré par les algues

Sur une mer poussiéreuse

Doucereuse et sans bruit

Sans musique autre que les cris

Des mouettes affolées

Des tourniquets de sécurité

Et des trains de banlieue

Châtelet-Les Halles délocalisé

Sous le massif du Sancy

Lui-même déplacé

Sur les bords de la Manche

 

Ma valise est tombée

Elle s’est ouverte au sol

Débordant de vêtements

Et de livres ouverts

Autant de fenêtres sur un monde recouvert

Autant de cartes postales

Liquéfiées

Par un roi invisible

Un roi sans couronne

Toutes les femmes, tous les hommes

Sont ses sujets

Et l’aiguille de ma boussole

Est devenue folle

Elle n’indique plus ni Sud ni Nord

Elle commet des impressions

Soleil levant ou pas

Incarcérations et intoxications

De nos vies, de nos pas

De nos imaginaires

Se terminant en péninsules

Un jeu de billard à quinze bandes

Sans un seul trou

Un pari sur l’avenir

Sans cap, sans gouvernail

Un bateau tentant d’avancer sur terre

Contre le sens du vent

Dans l’espoir de retrouver

L’ordre du monde d’avant.

2020-05-10T18:42:28+01:00

Leave A Comment