Dans la fleur de l’âge, à tout juste 28 ans, Robert Louis Stevenson, auteur anglais et voyageur infatigable, a entrepris de traverser le sud-est du Massif central, région qui reste aujourd’hui l’une des plus sauvages de la France rurale. Il y a quelques temps, je m’étais pris de passion pour le récit de cette randonnée au long court, publié en français sous le nom de Voyage avec un âne dans les Cévennes, ce qui m’a décidé à tenter l’aventure moi-même avec un groupe d’amis durant l’été 2017.

Aujourd’hui, le chemin de Stevenson possède un nom de code – GR65 – et n’a évidemment plus tout à fait la même saveur que celui que traça, à la fin du XIX°siècle, l’auteur de Docteur Jeckyl et M. Hyde. Que reste-t-il alors de ce sentier légendaire ? Récit de ces dix jours passés en compagnie de la nature et des hommes, des monts du Velay aux portes de la Provence.

Paysage du Gévaudan (photo: Noé Roland)

Jour 3 – Du lac du Bouchet à Langogne

Le dos cassé et le souffle revigoré, nous nous réveillâmes le 3 août 2017 à six heures frappantes au bord d’eaux survolées par une brume légère. Après avoir secoué la rosée matinale de nos toiles de tente, nous nous mîmes en route vers un hypothétique petit déjeuner. Vingt bonnes minutes de montée pour commencer, et ressortir de la cuvette lacustre ne fut pas chose aisée : nous nous arrêtâmes plusieurs fois pour contempler notre berceau d’une nuit en soufflant quelque peu. Il ne faisait pas encore chaud à ce moment là, et les premières suées de la journée nous firent vite oublier le bain naturel que nous avions pris la veille.

« Déjà le soleil avait sombré dans un brouillard précurseur du vent et, quoiqu’il demeurât quelques traînées d’or au loin vers l’est, sur les monts et les obscurs bois de sapins, l’atmosphère entière était grise et froide autour de notre sente à l’horizon. »

Robert Louis Stevenson

À ce propos, il faut insister sur le fait qu’on ne peut espérer entreprendre une randonnée de plusieurs jours sans une constante couche de sueur qui nous colle à la peau, à moins de baliser son parcours de gîtes confortables et coûteux, ce qui revient à dire merde à de savoureuses improvisations. Pour préserver un minimum de surprise, on s’habitue à la crasse et on se met en tête qu’on peut très bien passer trois jours d’efforts physiques qui ne se soldent pas automatiquement par une douche à l’arrivée. Voilà pourquoi il convient de se vêtir de vêtements légers auxquels on ne tient pas trop, afin de n’avoir aucun regret au cas où ces derniers finiraient trempés de l’eau des pores, et maculés de traces de sel, une fois secs, au matin.

L’itinéraire nous obligea à repasser par le Bouchet Saint-Nicolas, dont le bourg dormait encore à poings fermés. En dépassant l’épicerie, nous y avons aperçu une statue assez sinistre de Robert Louis Stevenson, toute en bois verni. Avant de repartir, un œil sur le socle de cette statue nous permit de découvrir qu’il contenait une faute fâcheuse pour la mémoire de l’auteur voyageur : « L. R. Stevenson », qui transformait Robert Louis en Louis Robert.

Photo: Noé Roland

Alors que le soleil prenait tout son temps pour se lever, nous marchâmes ensuite trois bons kilomètres à travers un plateau composé de champs de blés et de lentilles, constellé de fleurs aux teintes mauves, bleues et roses, un chemin magnifique aux mille couleurs mariées à une lumière mystique, au doux chant des oiseaux et à une terre rouge plantée de nombreux arbres joliment sculptés par le temps. De part l’absence de tout dénivelé, ce début de journée fut apaisant et régénérateur, et nous n’eûmes aucun mal à rejoindre le village de Landos où nous pûmes prendre notre première collation. Dans l’un des cafés du bourg, nous bûmes le café réglementaire accompagné de quelques fades viennoiseries, auxquels j’ajoutai une limonade qui laissait franchement à désirer. Un panneau au bord de la route indiquait comme une mauvaise blague « Le-Puy-En-Velay : 20 km« , ce qui en soi peut donner de solides arguments au quidam désireux de prouver que la condition de randonneur n’est qu’une vaste pantalonnade. Malgré ces quelques désagréments, nous n’en voulûmes pas trop à Landos, carrefour des marcheurs matinaux qui nous permit de croiser quelques têtes déjà rencontrées sur la route, et notamment deux paires d’hommes qui paraissaient être des frères. Le premier était composé de deux jeunes dans nos âges, avec lesquels semblait se livrer une sorte de compétition depuis notre deuxième jour de marche : nous leur attribuâmes le surnom de « Nus et culottés », du nom de l’émission télévisée mettant en scène deux jeunes randonneurs à poil en quête de lien social. Les seconds, auxquels nous donnâmes le nom de « Souchon et Voulzy » (avec la variante « Souchy et Voulzon »), constituaient un binôme d’une soixantaine d’année au teint bruni, à la silhouette un peu falote et aux cheveux gris et bouclés, avec juste ce qu’il fallait de prestance et de bonhomie pour être comparés aux deux musiciens susnommés. Plus tard, nous recroiserons à de nombreuses reprises les deux couples après avoir pris conscience de leur présence dans les environs, lors de cet arrêt dans ce village où gravitaient aussi quelques affables visiteurs à dreadlocks venus reconnecter leurs racines chevelues dans la terre du Haut-Gévaudan.

Nous reprîmes la route sur les coups de dix heures. S’en suivit une très longue marche en direction du village de Pradelles, dernier bourg important de cette partie de la Haute-Loire et porte d’entrée vers la Lozère. Cette partie du chemin, succession de côtes et de descentes parfois abruptes, fut bien plus éreintante, nous obligeant à boire très régulièrement et à guetter les rares sources et fontaines qui faisaient frétiller leurs eaux, d’autant qu’il faisait extrêmement chaud. Pour la première fois depuis notre départ, je sortis mon baladeur mp3, plaisir que Stevenson ne put connaître en son temps, et la succession des contenus heavy metal, rap et bossa nova contribuèrent à regonfler un peu mon allant. Nous croisâmes à plusieurs reprises des randonneurs accompagnés de leurs mules, et nous plaignîmes discrètement les pauvres bêtes emmenées dans un voyage qui n’était pas le leur. Malgré les difficultés topographiques, ce fut encore une fois un tronçon magnifique, qui nous donna à plusieurs reprises des vues imprenables sur les monts du Velay au nord, sur le Gévaudan à l’ouest, avec en arrière-fond l’Aubrac qui s’exprimait de toute sa masse au lointain. Chose amusante, le chemin était jalonné de panonceaux annonçant à qui mieux mieux d’autres itinéraires de randonnée que le nôtre, tantôt un tour de la Margeride, tantôt un tour du Gévaudan, tantôt une invitation aux prolongements méditerranéens de la Régordane, parfois sur des centaines de kilomètres. À l’instar des festivals de musique où de nombreuses affiches invitent les fêtards à prolonger leurs vacances alcooliques, les GR deviennent eux aussi des spots publicitaires géants pour randonneurs avides de se charger les poumons d’air pur. Avis aux courageux !

Pradelles (photo: Noé Roland)

Après cette longue marche, nous arrivâmes enfin à Pradelles, somptueux écrin de pierre médiévale perché à 1130 mètres d’altitude, dominant la vallée de l’Allier. Après discussion, nous décidâmes d’un commun accord de rompre le régime frugal du pain, du fromage et de la crème de marron et nous marchâmes en direction d’un des restaurants de la bourgade pour y prendre un repas copieux. Le patron de l’établissement, peu aimable et oublieux, nous servit magret de canard, truffade et steak-frite en grommelant, tout en exigeant que nos écots soient versés individuellement et prestement afin d’être sûr qu’avant même que nous ayons touché à notre repas, les comptes de l’entreprise ne penchent pas en sa défaveur. Il est une vieille légende non-vérifiée, illustrée par le fameux dicton populaire « Un sou c’est un sou« , qui sous-entend que l’Auvergnat est radin : dans cette contrée qui n’est déjà presque plus l’Auvergne, ce monsieur a semblé vouloir ce jour-là lui donner raison de toutes ses forces.

En repartant, nous profitâmes encore un peu de l’ombre formée par les bâtiments du village : Pradelles est une très belle petite bourgade restée dans son jus, farcie de demeures médiévales et d’édifices religieux imposants, dont l’église Notre-Dame qui est surmontée d’une magnifique vierge ocre qui lui donne des airs de pièce montée. Au loin, bien en contrebas, on aperçoit déjà Langogne, qui marque l’entrée en pays lozérien et fait office de porte du Gévaudan.

Pour descendre à Langogne, nous empruntâmes un chemin abrupt défilant le long de la montagne, donnant une vue superbe sur une vallée fertile aux accents toscans. Nous espérions déjà trouver, dans notre dernière étape de cette journée, un petit coin commode où dormir, et nos yeux se portèrent vite sur les reflets bleutés et lointains du barrage de Naussac qui se trouvait de l’autre côté de la ville.

Au premier abord, Langogne ne nous plut pas. Sa périphérie a tous les défauts des moyennes et grandes villes,et nous y fûmes accueillis par des débris de pierre et une zone industrielle décrépie laissée à l’abandon par les humains et peuplée de lézards. Nous remontâmes vers le bourg par le boulevard Charles de Gaulle, artère relativement récente et véritable verrue dans cette ville traditionnelle peu avares en mignonnes petites places circulaires et en monuments typiques rappelant tantôt la piété des habitants du sud du Massif central, tantôt les stigmates laissés par la Bête au XVIIIe siècle. Le jour de notre passage, un festival mêlant arts du cirque, musique et divers spectacles avait lieu à Langogne : le Festiv’Allier, auquel nous n’eûmes pas l’occasion de prendre part, trop occupés à nous soucier de notre nuit.

Après avoir bu un verre sous la grande halle occupant une place centrale dans le bourg, nous nous dirigeâmes vers notre prochaine étape nocturne et lacustre : les bords du barrage de Naussac, où nous dormîmes à la belle étoile après un pique-nique et quelques haussements de ton, premiers indices de notre fatigue commune. Il fut décidé d’un commun accord que notre groupe se scinde en deux pour une nuit, afin que nos esprits fatigués et nos corps endoloris trouvent leur meilleur repos. C’était la première fois que je couchais dehors, sous un crépuscule rose et à quelques 900 mètres d’altitude. À proximité du grand réservoir d’eau, l’expérience fut fraîche, humide et de courte durée.

Barrage de Naussac (photo: Noé Roland)

Jour 4 – De Langogne aux portes de l’Ardèche

Au petit matin, nous émergeâmes de notre sommeil intermittent couverts de rosée. Il nous fallait repartir, avec pour objectif de rejoindre le village de Luc avant la tombée de la nuit. Deux itinéraires étaient indiqués dans notre guide : le premier, l’itinéraire normal, traversait deux villages dans lesquels nous avions bon espoir de trouver à boire et à manger ; il était long de vingt-huit kilomètres. Le second coupait à travers bois, esquivant les villages, mais faisait l’économie de cinq kilomètres, soit une heure et demie de marche compte tenu des dénivelés indiqués. Laura, Manon et moi choisîmes le premier. Iris et Martin, plus fatigués, se décidèrent pour le second, et partirent plus tard que nous de Langogne.

À trois, donc, nous entreprîmes de sortir du bourg de Langogne sans même prendre un café. Au sortir de l’aire de loisir où nous avions dormi, un balisage hasardeux nous poussa tout d’abord à redescendre dans le centre-ville de Langogne, pour nous rendre compte que nous nous étions trompés de route. Après une remontée difficile sur un bitume qui commençait à chauffer des premiers rayons du soleil, nous entamâmes le chemin du jour. Nous commençâmes à arpenter la montagne lozérienne à travers bois, par une succession de grimpettes parfois pénibles à endurer, malgré l’étoffement progressif de nos jambes. Nous nous trouvions dans les hauteurs enchantées de la forêt de Mercoire lorsque nous réalisâmes que nous n’allions pas trouver de bar ou de restaurant avant un bon moment. En effet, les villages dans ce coin-là étaient rares, et la première buvette dans laquelle nous avions envisagé de nous arrêter était fermée au moment où nous l’abordâmes.

Photo: Noé Roland

À dix heures, il faisait déjà très chaud, ce qui nous engagea à nous arrêter souvent à l’ombre pour boire, nous partager une pomme ou des fruits secs. En dépassant le hameau de Saint-Flour-de-Mercoire que nous avions pris par maladresse pour un grand village, nous trouvâmes sur le bord de la route un petit théâtre de campagne mais aussi, accolée à une maison rurale, au creux des arbres, une gare factice composée d’une cabane, d’antiques fauteuils, de panneaux anciens et de vieilles roues. À en croire certains panneaux, la jolie fiction de ce nœud ferroviaire imaginaire cachait un hommage discret à une personne disparue. Nous n’en sûmes pas plus sur le malheureux défunt, mais la poésie de cette installation sans stèle ni couronne de fleurs continua à trotter de longues heures dans ma tête.

Au fur et à mesure de nos pas, le paysage se mit à changer : la montagne était toujours là, mais la végétation et ses odeurs évoluaient. Bruyères, gentianes et tourbières nous accompagnaient désormais : nous avions bel et bien quitté l’Auvergne pour des territoires aux accents plus méridionaux, à l’odeur entêtante de la sève des pins, odeur qui allait nous suivre jusqu’à la fin de notre route.

Malgré notre besoin de café, la traversée de la forêt de Mercoire fut un ravissement total : ce petit confetti de France est une ode au génie créatif de la Nature, un magnifique écrin sauvage où s’épanouissent mille animaux, notamment de nombreuses biches que nous avons eu la chance de voir gambader librement. Le massif forestier, hostile par la présence de nombreux loups au XVIIIe siècle, adopte aujourd’hui un visage aussi riant qu’inspiré. Les nombreux rocs aux allures fantastiques qu’on peut y observer, la course débutante de l’Allier et les mythes obscurs qui courent sur ces montagnes boisées – on pense à la terrible autant qu’hypothétique Bête du Gévaudan – confèrent à ce coin de la Margeride une atmosphère mystique. Ce tronçon de 17 km fut long mais bienheureux.

Photo: Noé Roland

Sur les coups de midi, nous sortîmes enfin de la forêt par une route goudronnée qui nous guida jusqu’au village de Cheylard-L’Évêque. L’eau ne nous manquait pas, mais nous mourrions d’envie de boire quelque chose de sucré, après les nombreux mirages et autres tentatives infructueuses de la matinée. Nos pas nous amenèrent sur la terrasse d’une buvette qui semblait ouverte. Celle-ci portait le sobre nom de Chez Josette. Nous nous installâmes sous un parasol pour casser la croûte, mais personne ne vint. Au bout de vingt minutes, alors que nous nous apprêtions à repartir la mort dans l’âme, Josette nous apparut enfin, telle une prophétesse des boissons à bulles, accompagnée d’un couple et de pléthores de petits enfants. Cette apparition miraculeuse fit que nous bullâmes une demi-heure de plus.

En repartant de Cheylard-L’Évêque, nous n’étions pas au bout de nos peines. Empruntant une route goudronnée, nous marchâmes plusieurs heures sous des rayons solaires ardents, dans une succession de grimpées qui nous firent ruisseler de sueur. Nous ne croisâmes quasiment personne lors de cet après-midi passée dans le désert lozérien, à quelques encablures de l’Ardèche. Notre ascension nous fit expérimenter une nouvelle fois une fatigue intense mêlée de lassitude mais nous permit aussi d’accéder à des paysage de plus en plus grandioses grâce au gain progressif d’altitude. Notre seule compagnie était constituée de vaches, isolées ou en troupeaux, qui meuglaient amicalement sur notre passage, pareilles à des supporters du Tour de France.

Photo: Noé Roland

Arriva un moment où nous ne pûmes plus monter plus haut. Pour notre plus grand plaisir, nous nous enfonçâmes à nouveau dans des chemins ombragés, sur une antique voie reliant les monts de Lozère à ceux de l’Ardèche. Au bout de quelques centaines de mètres dans cette nouvelle forêt majestueuse, nous rencontrâmes enfin des promeneurs venus prendre le frais en famille au bord de petits étangs perdus. Tandis que les uns pêchaient, les autres terminaient un pique-nique. Nous voyant rouges comme des pivoines, ces derniers nous proposèrent des morceaux de melon, que nous acceptâmes avec toute la gratitude du monde. Nous n’étions pas encore au bout de nos peines, puisqu’il fallait ensuite marcher quatre kilomètres – dont trois dans une descente abrupte et parsemée de cailloutis – jusqu’au village de Luc. Pour nous donner du courage, nous commençâmes à nous répéter combien il allait être bon, en arrivant, de prendre une douche et de boire un apéritif bien mérité.

« Luc lui-même se compose d’une double rangée éparse d’habitations resserrées entre une montagne et une rivière. Il n’offre aux regards ni beauté ni le moindre trait notable, sinon l’antique château qui le surplombe avec ses cinquante quintaux de Madone tout battant neufs. »

Robert Louis Stevenson

À l’issue de cet interminable tronçon, nous aperçûmes enfin les ruines du château de Luc, dressées sur les hauteurs du village comme un fantôme de pierre. En réalité, le bourg entier était fantomatique : sur place, pas une buvette, pas une épicerie, pas même une boulangerie. Nous arrivions exténués et sans vivres dans un village complètement mort. Découragés, nous fîmes quelques pas à la recherche d’un lieu décent où dormir, et nous tombâmes sur un camping municipal. Celui-ci était totalement libre, géré par personne et par tout le monde – autogéré, pourrait-on dire. Quelqu’un avait simplement déposé une petite boîte en métal à l’entrée des douches, avec une inscription pour proposer aux visiteurs de laisser un ou deux euros en échange d’une nuit au calme. Quelques marcheurs étaient déjà sur place quand nous accostâmes. Parmi eux, nous reconnûmes les deux frères de Nus et culottés, occupés à sécher leur linge sur des étendoirs improvisés. Nous rencontrâmes aussi un couple de cinquantenaires qui, bien que fourbus, gardaient le sourire jusqu’aux oreilles. Vaillants, ils étaient partis du Puy-en-Velay le même jour que nous et comptaient bien tracer jusqu’à Alès les jours suivants. « J’ai l’habitude de marcher, ma femme moins« , nous confia l’homme. « En fait, on vient de se marier, et on est présentement en lune de miel sur le chemin de Stevenson !« , ajouta-t-il en riant. Exténuée, sa femme riait moins, ce qui nous fit beaucoup rire. Ce couple que nous allions revoir plusieurs fois au cours de notre périple, nous le baptisâmes « Nuit de noces ».

Quelques minutes après notre arrivée, Iris et Martin nous rejoignirent : passés par un chemin plus court que le nôtre, ils s’étaient un peu perdus lors d’une étape. Nous étions à nouveau cinq. Le problème de la nuit était réglé, restait celui du repas. Martin proposa alors de faire du stop jusqu’à Langogne, qui se situait à 15 kilomètres, afin de faire les courses. Second miracle de la journée, il revint moins d’une heure après chargé de victuailles et de bières. D’un coup, cette soirée au bord d’un Allier à demi-sec prenait une autre tournure. Nous tombâmes de sommeil aux alentours de 22 heures, sans savoir que la journée suivante allait être plus dure encore que celle que nous venions d’affronter.

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Photo: Noé Roland